Chaque année, la Saint-Valentin arrive avec ses fleurs, ses messages, ses attentes silencieuses.
Un mot espéré.
Un geste attendu.
Une preuve recherchée.
Comme si l’amour devait venir de l’extérieur pour confirmer que nous avons de la valeur.
Mais si cette journée n’était pas faite pour regarder l’autre…
mais pour nous regarder nous-mêmes ?
Nous croyons souffrir parce que l’amour manque.
En réalité, nous souffrons parce que nous demandons à l’autre de combler ce que nous n’avons pas appris à nous offrir.
Nous attendons qu’il :
- apaise nos peurs
- rassure nos insécurités
- répare notre estime fragilisée
- confirme que nous méritons d’être aimés
Et sans nous en rendre compte, la relation cesse d’être un espace de partage…
et devient un espace de compensation.
La Saint-Valentin n’est pas, dans sa profondeur, une célébration du couple.
C’est un miroir.
Un miroir qui nous pose une question simple et dérangeante :
Comment me traitè-je lorsque personne ne me regarde ?
Suis-je dur avec moi-même ?
Exigeant ?
Toujours en train de me juger ?
Toujours en train de vouloir être “assez” pour mériter l’amour ?
Puis nous nous étonnons d’attirer des relations qui reflètent cette même dureté.
Car la manière dont nous aimons l’autre
est toujours le reflet de la manière dont nous nous traitons en silence.
L’amour n’est pas quelque chose que l’on trouve.
C’est un état auquel on revient.
On y revient lorsque l’on cesse de fuir son ombre.
Lorsque l’on arrête de jouer un rôle pour être acceptable.
Lorsque l’on s’autorise à exister sans condition.
À cet instant, quelque chose bascule.
Nous ne cherchons plus quelqu’un pour nous compléter.
Nous cherchons quelqu’un avec qui partager ce que nous sommes déjà.
Nous ne craignons plus la perte comme avant,
car nous n’avons plus déposé notre valeur entre les mains d’un autre.
Nous ne réclamons plus l’amour.
Nous le rayonnons.
La Saint-Valentin n’est donc pas une démonstration.
C’est une vérification intérieure.
Suis-je capable de me parler avec douceur ?
De respecter mes limites ?
D’honorer mes besoins ?
Celui qui sait s’accueillir lui-même
n’entre pas en relation pour prendre.
Il entre pour donner.
Il n’aime pas par manque.
Il aime par abondance.
Et lorsque l’amour naît de l’abondance,
il n’est plus une réaction à la peur,
mais un acte conscient.
C’est cet amour-là qui ne dépend pas d’une date.
C’est cet amour-là qui dure.


